.Sur une ritournelle de Bensé ♪« Non jamais, plutôt crever que de laisser la vie me descendre. »
--------Le Lycée où cette foire aux monstres. Un vrai cirque avec une piste sur laquelle passent tellement de personnages différents et identiques à la fois. Je marche dans les couloirs, les mains dans les poches de mon Jeans au bleu passé. On me bouscule comme si j'étais invisible. C'est un peu ce que je suis. Mon père me répète souvent que je suis trop garçon manqué et que je ne me mets que trop rarement en valeur parce que d'après lui, je suis magnifique. J'ai une longue chevelure châtain et des yeux verts. Un jour, il m'a dit que j'étais le portrait craché de ma mère mais que j'avais l'intérieur de la famille Kaulitz. Je ne lui ressemble pas beaucoup, si ce n'est que son sourire et ses mimiques. Ca doit venir du fait que je suis presque vingt heures sur vingt avec lui. Je me souviens, enfant, il m'appelait son petit canard parce que je le suivais partout où il allait, comme les petits avec leur maman. J'avais toujours ce besoin de l'avoir près de moi, et ça n'a pas vraiment changé.
--------Enfin qu'importe, je suis une personne assez timide et effacée. Les regards me brûlent et me mette inconfortable. Et ni mon père ni qui que se soit me fera changer.
Je me complais dans ce que je suis ! --------C'est la foule dans les couloirs dû à la fin des cours de la matinée. Je me dirige vers la cantine, serrant la lanière de mon sac. Je n'aime pas ce lieu parce que la différence des personnes se fait pleinement ressentir. Il y a la table des populaires, des sportifs, des intello et j'en passe. Les gens ont cette manie de vous juger en rapport avec votre entourage. Je ne supporte pas ça. C'est un peu comme un sentiment qui se garde bien au fond de moi mais qui grandit un peu plus chaque jour. Un sentiment encore petit et insignifiant mais je sais qu'un jour ce dernier ne va plus tenir en place et sans que je ne puisse rien faire, va exploser et m'entraîner dans quelques choses de plus différent que toutes les choses au milieu desquelles je vis.
--------Je sens une main se poser sur mon épaule, me retourne et aperçoit mon meilleur ami. Sam. Il me sourit et laisse apparaître son horrible appareil dentaire qui à le don de me terrifier. Sam n'est pas une star, Sam n'est pas beau, Sam n'est pas connu mais Sam est la personne la plus gentille que je connaisse. Il est très intelligent et rêve de quitter ce trou perdu. Un peu comme moi en faite. Je l'ai connu enfant, lui il se cachait des autres dans un coin perdu du village et moi je faisais mon aventurière sur mon grand cheval. J'ai vu ses petits yeux remplis larmes et cette peur immense. Je me suis assise près de lui, silencieuse. Papa me disait souvent que certaines personne quand elles sont tristes n'ont pas besoin d'une myriade de mots, elles se suffisent d'une présence. Sam s'était encore laissé aller aux larmes et quand il s'est arrêté je lui aie proposé de faire partit de mon histoire. De jouer au château et aux batailles. Je serais la princesse et lui le sauveur. Mais il se trouve que j'ai étais bien souvent ce saveur au grand c½ur et lui le petit être en danger. Enfin ça, c'est notre secret. Notre monde trop loin de tous ces monstres qui ont fait souvent de son sourire une moue de douleur.
--------Il remonte ses lunettes, trop lourdes et trop grosses pour son visage. Je lui souris et réajuste pour la centième fois la lanière de mon sac. Je suis nerveuse et mon ventre est noué. On entend des cris et je me sens encore un peu plus compressée dans la foule. L'équipe de basket du lycée arrive avec sa petite troupe de Pom-Pom ridicules. Hier ils ont gagné un match assez important pour les sélections et c'est comme on peut se permettre de dire : la fête. Personnellement, je n'en ai strictement rien à faire. Je n'aime pas ce sport. Tous les sports en général. Je ne suis pas fainéante, loin de là mais je ne cours que lorsque je me sens en danger.
--------Les applaudissements fusent comme pas permis, les cris hystériques des filles face aux joueurs. J'ai horreur de ça. Elles sont si pathétiques, tous comme Eux. Les pauvres filles idéalisent ces garçons, mouillent leurs petites culottes à l'entente du prénom de l'un d'entre d'eux. Elles rêvent qu'un jour ou l'autre, l'un va les remarquer et lui avouer un amour caché. Comme on dit : l'espoir fait vivre. Elles vont la frôle de près la centaine d'année à ce train là !
--------Sam me tire vers le self en me parlant de l'université qu'il convoite. Il est tellement marrant. Rien que le nom de cet établissement le rend complètement émerveillé. Ces petites étoiles dans les yeux et ce sourire que beaucoup de filles décrivent de niais mais qui pour ma part me touche beaucoup. Sam est simple et pudique. Il n'avouera jamais ces sentiments. Il les garde et ne les exprime que dans un soupire étouffé dans son écharpe.
--------On se sert et s'installe sur une table dans un coin de la cantine. Je scande la salle si hétérogène. Les sportifs, les starlettes, les intellos et j'en passe. On se croirait dans une de ses séries parlant d'une fille pas connu qui rêve de popularité. Moi je ne veux pas être connu, je me plais dans ce qui je suis même si mon père n'est pas franchement content.
« Tu es belle et intelligente. Tu as tous pour plaire et tu ne fais pas d'effort ! »--------Cette phrase est presque écrite sur ma porte de chambre tellement je l'entends. Je sais qu'il dit ça pour moi mais à quoi bon leur ressembler si c'est pour devenir aussi bête qu'elles. Dites-moi ? Mon père ne me regarde pas comme tout le monde. Il m'idéalise et m'élève aussi haut qu'il peut.
--------Je triture un peu le contenu de mon assiette, pensive. Sam agite sa main devant mon visage.
« Tu penses à quoi ?
_ J'ai hâte de finir le lycée et de partir d'ici. Pourquoi mon père est venu s'enterrer ici ?
_ Oh moins tu as un père qui est cool !
_ Oui je dois l'avouer. Mais bon, il ne fait pas toujours les meilleurs choix. »--------Je replonge ma tête dans mon assiette. Sans vraiment le faire exprès je fais tomber mon couteau, je me baisse au moment où une des filles populaires passe. Dans la rapidité de mon geste, je la bouscule et le contenu de son plateau se renverse sur elle. Je m'écarte horrifiée.
Bravo pour la discrétion.« Tu es vraiment stupide où quoi ? Regardes dans quel état je suis. Tu vas le regretter ! »--------Il ne manquait plus que ça. Sam se retient de rire sâchant pertinemment que j'allais être de mauvaise humeur pour la journée. Je pends mon plateau et le dépose sur le comptoir. Je n'ai plus faim, en plus tout le monde me regarde. Il me reste deux heures avant de reprendre les cours. Je me dirige vers sa salle de musique, personnes n'y va. On va dire que de nos jours la musique ça ne tente plus trop. Enfin savoir en jouer. Je ferme la porte à clef et baisse le store.
--------J'ai besoin de me calmer. Si papa savait que je jouais de la guitare, j'en prendrais pour une heure de leçon sur la vie.
« Fais tes études, oublis la musique. Ce n'est pas elle qui va te donner un métier et une stabilité plus tard. »--------Mais qu'est ce que j'y peux ?
C'est en moi !Il a toujours refusé que je touche un instrument, surtout la guitare. J'avais huit ans quand j'ai découvert la petite pièce où il rangeait ses instruments. Je m'y suis glissé et j'ai tout de suite sentit cette alchimie entre la guitare et moi. J'ai appris par moi-même, autodidacte. Je me suis renseigné, j'ai travaillé dure pour arriver là où j'en suis maintenant. Je me suis souvent écorchée les doigts pour aujourd'hui, jouer les yeux fermés. Sentant les notes soupirer sur ma peau frémissante. Jouer encore et encore.
-------- Je me saisis de la guitare et m'installe correctement sur la marche de l'estrade. Mes doigts glissent lentement sur les cordes, instaurant la mélodie. Je ferme les yeux pour savourer pleinement toutes les petites sensations.
--------Je suis maître de mon corps, de mes doigts. Il n'y a que moi et mon instrument. Je suis sur un pied d'égalité avec les autres. Je suis douée en ça. Simplement douée. J'entends des coups à la porte. Je me stoppe. Personne ne vient jamais ici normalement. Je pose la guitare et me dirige vers la porte. Je la déverrouille et l'ouvre. Une femme assez âgée se tient devant.
« Que faites-vous ici Mademoiselle ?
_ Je voulais juste regarder.
_ C'était vous qui jouiez ?
_ Non ! J'avais mis une cassette. Je ne suis pas vraiment douée avec les instruments.
_ Bien ! Sortez maintenant. »--------Je me retourne, prends mes affaires et quitte la salle d'un pas pressé. Les gens se retournent sur mon passage, me rendant encore plus nerveuse. J'aperçois Sam à un des tables de la cours.
« Coucou !
_ Ah te voila. Tu es parti si vite.
_ Hum, désolé ! » --------Je m'assois à ses côtés, sortant moi aussi quelques cours.
« Tu dors à la maison ce soir ?
_ J'ai un repas de famille et tu connais ma mère.
_ Oui mais pour une fois. S'il te plait Sam !
_ Tu la connais, elle va encore me faire : Samuel Adam Peterson tu ne sortiras pas quand tes grands-parents viennent manger à la maison. Et ne jures pas, je sais que tu le fais derrière mon dos ! »--------Je ris à son imitation. Sa mère est très croyance et à cheval sur la famille. Chez moi c'est assez dispersé. Je saute souvent un repas pour aller me balader et ne rentrer que tard dans la nuit. Je sais que mon père m'attend même si dès que je passe la porte il remonte rapidement dans sa chambre et éteins toutes les lumières. Il est toujours autour de moi mais il ne se fait pas voir. Il me regarde grandir et je sais que ces doigts le piquent de se rendre compte que la vie passe trop vite, que son bébé va bientôt devenir une femme. Un envole.
« Je peux lui demander si tu veux !
_ Tu me toujours essayer mais bon. Elle va encore me faire la morale sur : Pas de rapports sexuels avant le mariage !
_ Ah non ! Arrêtes avec ça. On est amis. »--------Je lui tape l'épaule, faisant bouger ses lunettes. La journée se passe assez vite. J'ai ma voiture pour rentrer. Elle n'est pas toute jeune, n'a pas une peinture flambant neuve mais je l'aime beaucoup. Sam s'installe près de moi, attachant rapidement sa ceinture.
« Arrêtes j'ai toujours l'impression de conduire comme un pied ! »--------Il se racle la gorge en serrant son sac contre son torse.
« Samuel Adam Peterson vous n'êtes qu'un gougea ! Et la prochaine fois vous prendrez le bus. »--------Il relâche son sac en m'affichant un sourire moqueur. Je démarre ma voiture et sort du parking. Au bout de quelques minutes on arrive devant chez Sam. Je gare correctement ma voiture. Sa mère est devant la fenêtre, l'attendant. A notre arrivée elle sort et s'avance vers nous.
« Toujours à l'heure. Merci Léis.
_ De rien Madame Peterson. »--------Sam lui colle un baiser sur la joue et moi je me contente de lui afficher un sourire. Il y a peu de contact corporel en dehors de la famille aux Etats-Unis, non pas que je saches comme cela se passe ailleurs mais chez moi on est assez tactile.
« Je me permet de vous demander si Sam peut dormir à la maison ce soir. Papa à fini la chambre d'amis et puis j'ai besoin d'aide pour préparer la messe de ce week-end.
_ C'est gênant, nous avons de la famille ce soir mais bon, l'excuse est valable et puis vous ne dormirez pas dans la même chambre. Va préparer ton sac Samuel. »--------Je suis douée. J'ai ça dans le sang.
--------Un peu plus tard nous arrivons chez moi. C'est une des plus grandes maisons du village. Si ce n'est « la plus grande ». Je gare ma voiture dans l'allée. Mon père est dans le jardin. Il ne travaille pas. Il n'en a jamais eut besoin. Il a tellement gagné avec son groupe que maintenant il est tranquille Il ne m'a jamais donné cette excuse mais je le sais. Et malgré le fait que nous puissions vivre sans travailler, il veut que je travaille. J'entre dans la maison et monte directement dans ma chambre.
« Il n'y a pas de chambre d'amis ?
_ Tu pensais que je disais la vérité ?
_ J'avais espéré. »--------Je pose mon sac et m'écroule sur le lit. Sam m'imite.
--------Lui et moi c'est comme une chanson et la musique. Ca peut vivre séparément mais quand on assemble les deux, on n'en sort jamais indemne. On a grandit ensemble. Et puis Sam à toujours eut le même cursus que le mien. Je le protégeais quand il manquait de se faire taper. Il est assez faible et pense que ne pas réagir diminue son risque de recevoir des coups. Combien de fois il est rentrait chez lui avait un ½il au beurre noir et des ecchymoses.
« Alors cette messe.
_ Déjà fait ! C'est des trucs que je prépare genre six mois à l'avance. Ou pire c'est mon père qui le fait parfois. Tu sais que je n'aime pas ça.
_ Ca fait partit de moi.
_ Je sais. Chacun ses choix. »--------Je pose mes mains sur mon ventre et soupire. En faite Sam ne connaît pas grand-chose de moi. Il ne sait même pas que mon père est une ex-star. Peu de monde, voir personne le sait. Mon père était juste un très jeune Papa de vingt ans avait beaucoup d'argent, une allure peu correcte. Il n'a plus ces dreads, ni ces vêtements extra large. Il a tellement changé pour se fondre dans la masse.
--------J e me redresse faisant sursauter Sam en entendant la voiture de mon père quitter la maison. Je me lève et me place devant la porte.
« Viens je vais te montrer quelque chose. »--------Je quitte la pièce, suivit de mon meilleur ami. On monte à l'étage supérieur. Il n'y a que peu de pièce mais elles sont de grandes tailles. Je me dirige vers la dernière. La porte est verrouillée mais je sais où mon père cache la clef. Je passe la main sur le montant et tâte jusqu'à ce que je trouve la clef.
Pas vraiment malin le Papa. [
--------Sam m'interroge du regard. J'ouvre la porte. La pièce est assez sombre et l'odeur de poussière nous monte au nez. Je lui demande de refermer la porte et de s'asseoir. Je me dirige vers la fenêtre et ouvre en grand les rideaux éclairant davantage la pièce et
le secret de mon p
ère.
E y l l a u d y i
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